C’est en ce sens que, le 21 juillet 2011, le Ministère chargé de la Santé a publié ce guide "Alcool et grossesse, parlons-en", dont le but est de diffuser les bonnes pratiques en la matière. Cette démarche s’inscrit dans un axe fort du Plan gouvernemental 2008-2011 : "Préserver la santé de l’enfant à naître et de la mère et prendre en compte les spécificités des femmes usagers de drogues et d’alcool".
Ce guide se compose de trois parties.
La première est consacrée aux difficultés à aborder la question de la consommation d’alcool pendant la grossesse, que ce soit pour le professionnel (sous-estimation des risques, manque de temps, de formation) que pour les femmes (méconnaissance des risques, crainte de la réprobation sociale, déni). Face à ce constat, sont présentés les moments et les outils propices à la naissance d’un véritable dialogue "soignant-patient" autour de cette question.
Quant à la seconde partie, elle présente un ensemble de conduites à tenir et d’outils favorables à une prise en charge précoce, adaptée à chaque situation.
Enfin la dernière partie rappelle la nécessité d’assurer la continuité, la cohérence et la globalité de l’accompagnement. Pour ce faire, le Ministère insiste sur l’importance de la mutualisation des connaissances et des moyens, mutualisation qui passe, à son sens, par un développement des fonctionnements en réseau.
L’Institut Wallon pour la Santé Mentale (IWSM) a publié, en décembre dernier, un rapport portant sur les usages problématiques d’Internet et des jeux vidéos . Ce rapport a été réalisé dans le cadre du « Plan stratégique No 3 » relatif au renforcement du secteur de l’aide et de la prise en charge en matière d’assuétudes en Région wallonne.
Ce travail est composé de deux parties principales.
La première tend à replacer les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans leur contexte socio-historique. Le propos est fondé sur l’idée que les TIC ne sont pas que des outils extérieurs au social mais qu’au contraire ils en constituent une dimension centrale et doivent être pensés comme tels. En effet, ils sont, ici, considérés comme des dispositifs sociotechniques dans le sens où leurs évolutions technologiques ont eu des répercussions sur les phénomènes sociaux, en particulier sur la question centrale des interactions sociales.
La seconde partie envisage les liens entre TIC et santé mentale. Elle débute par une réflexion autour du concept de « cyberdépendance ». Au travers du rappel des principales grilles et outils diagnostiques, les auteurs y dénoncent la tentation de la pathologisation des usages, inhérente, à leur sens, à notre contexte d’inflation nosologique. C’est pourquoi ils insistent sur la nécessité de relativiser les définitions de ce qui est problématiques ou ne l’est pas. Les aspects étiologiques des usages problématiques des TIC sont également évoqués. Enfin, le rapport entre TIC et violence est questionné.
Cette analyse se conclut par la formulation de six grandes recommandations, issues de la concertation entre l’IWSM et les acteurs de terrain.
Le 24 mai dernier, la Fédération Française d’Addictologie a publié son livre blanc de l’addictologie française. Ce livre dresse l’état des lieux de la prise en charge des addictions en France, fait le bilan du Plan Addiction 2008-2011 et surtout, présente, à travers 100 propositions, un véritable programme visant à réduire les dommages liés aux comportements addictifs.
Cet ouvrage s’inscrit dans un contexte où :
Ainsi, après avoir fait l’historique de la structuration théorique et pratique du concept d’addiction au cours des trente dernières années, le livre s’attache à expliciter les principaux ressorts sociologiques et psychologiques des usages et des usagers de substances psychoactives. Puis, est proposé un état des lieux de la situation en France en 2010 autour de ces thèmes : la prévention, la législation, le soin, l’enseignement et la recherche. A partir de cet état des lieux , la FFA présente ses préconisations pour le prochain Plan Addiction. Elles s’organisent autour de six objectifs :
Partant de la découverte de 700 plants de cannabis, le 8 février 2011, à la Courneuve, par les forces de l’Ordre, dans une plantation indoor, le premier numéro de cette lettre propose de s’interroger sur l’implication des réseaux criminels dans la cannabiculture en Europe. En effet, depuis une dizaine d’années, porté notamment par des phénomènes amorcés en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas au cours des années 80, le marché du cannabis européen connaît une profonde mutation. Face à l’essor de la demande d’herbe de cannabis, la résine marocaine est de plus en plus concurrencée par le développement de cultures intervenant sur le sol même de l’Europe. De ce fait, la culture indoor devient très lucrative d’autant que les graines et le matériel sont facilement accessibles via Internet. Les réseaux criminels tendent donc à (ré)investir ce marché. La France, où la place de la résine marocaine est traditionnellement prépondérante, n’échappe pas à cette tendance. Or, outre les phénomènes classiques consubstantiels à cette criminalité organisée (corruption, blanchiment d’argent, mortalité violente), l’érosion de la demande de résine pourrait amener ses importateurs et ses trafiquants vers le trafic de cocaïne et d’héroïne. C’est donc cette mutation du marché du cannabis en Europe et ses conséquences que cette lettre entend décrypter et expliciter.
Télécharger le premier numéro de Drogues, enjeux internationaux
Le 9 mai dernier, le dispositif SINTES (Système d’Identification National des Toxiques et des Substances) a publié une note dressant l’inventaire des nouvelles substances psychoactives répertoriées en France depuis 2008. Ce sont près de 35 nouvelles substances : 28 stimulants et 7 cannabinoïdes de synthèse. Une description plus détaillée de ces molécules sera prochainement mise en ligne.
Certaines tendances mises en évidence en 2009 se sont confirmées, à l’instar du désintérêt pour la forme comprimé de l’ecstasy au profit de la forme poudre (MDMA) ou encore de l’apparition et de l’engouement pour la BZP. D’autres sont apparues comme l’essor des legal highs. Pour tous ces produits, l’enquête SINTES (Système national d’Identification des Toxiques et des Substances) s’attache également à répondre aux interrogations relatives aux modes de consommation des usagers, à leurs perceptions des produits comparées au contenu réel et fournit des informations sur les prix.
Face à la modification de l’offre de produits de synthèse induite par Internet, cette étude présente la nature de ces substances (méphédrone, fluoroamphétamine, mCCP, PMMA, 2 C-E) difficilement identifiable. Par ailleurs, elle décrit l’intérêt qu’elles suscitent en raison de leur nouveauté et de leur non-classement comme produit stupéfiant au moment de leur apparition, en comparaison avec les substances synthétiques traditionnelles (amphétamines et ecstasy particulièrement). Les premières conclusions concernant leur dangerosité sont aussi exposées.

Ainsi, les deux premières parties décrivent, d’une part, l’importance de l’épidémie de VIH chez les usagers de drogues injectables et d’autre part, les réponses qui y sont apportées. La troisième partie, quant à elle, présente les actions de la FICR dans ce domaine. En particulier, sont présentées les lignes directrices de son programme "Diffuser la lumière de la science" (créé en 2003), support méthodologique de ses actions de réduction des risques dans le monde. Enfin, la dernière partie fait état des obstacles que rencontrent la FICR et ses partenaires sur le terrain. A l’aune de ces difficultés, elle propose un ensemble de mesures concrètes qui seraient capables, à son sens, de réduire la prévalence du VIH au sein de la population usagère.
