En ce qui concerne l’alcool, bien que la consommation au quotidien soit en baisse par rapport à l’exercice 2005 (16 % contre 12 %), les épisodes d’ivresse au cours de l’année sont en revanche en augmentation (de 15 % à 19 %) et plus particulièrement chez les jeunes femmes avec une hausse de 20 % à 34 %.
On constate, pour le tabac, une augmentation du nombre de fumeurs quotidiens. Leur proportion chez les 18-64 ans est passée de 20 % à 30 %. Toutefois, le nombre moyen de cigarettes fumées quotidiennement est en recul (de 15,3 à 13,8 cigarettes).
En ce qui concerne les substances illicites, le cannabis reste le produit de cette catégorie le plus consommé en France. En 2010, environ un tiers des 18-64 ans en a déjà consommé au cours de sa vie. Cette hausse de 4 points (33 % vs 29 %) serait due à un effet mécanique de ’stock" des générations d’anciens fumeurs dans la mesure où les autres formes d’usage apparaissent stables. La consommation actuelle concerne, pour une grande part, les jeunes entre 18 et 25 ans (23 %) alors qu’elle tend à diminuer et devient même quasiment nulle à partir des 55-64 ans.
L’usage d’ecstasy est, pour sa part, en recul avec là encore une expérimentation en hausse de 0,5 point (de 2,9 % à 3,4 %), liée également à l’effet "stock" des générations plus anciennes. Néanmoins, la consommation dans l’année enregistre une baisse de 0,2 point en cinq ans (0,5 % en 2010 contre 0,3 % en 2005).
A l’inverse, les niveaux de consommation de cocaïne sont en hausse, notamment l’expérimentation qui a augmenté de moitié depuis 2005 (2,5 % à 3,8 %). L’usage dans l’année reste stable autour de 0,9 %.
Quant aux autres drogues, il est à noter une légère hausse de l’expérimentation de l’héroïne (de 0,9 % à 1,2 %) et un important accroissement de l’usage des poppers, que ce soit pour l’expérimentation (de 3,9 % à 5,3 %) ou pour l’usage dans l’année (de 0,6 % à 0,8 %).
Lors de la présentation de cette enquête, Etienne Apaire, président de la MILDT, a annoncé que les poppers, substances inhalées pour leur effet euphorisant et dont l’usage est en hausse, allaient être totalement interdits à la vente en France.
L’Union Nationale des Mutuelles Etudiantes Régionales (USEM) vient de publier la septième édition de son baromètre « Santé des Etudiants ». Cette démarche s’inscrit dans la volonté de l’USEM de pouvoir disposer de données régulièrement actualisées sur la population étudiante afin de pouvoir formuler des propositions aux pouvoirs publics.
Cette exercice 2011 a donc pour objectif de :
S’appuyant sur près de 8535 questionnaires reçus, cette enquête s’attache à mesurer l’accès aux soins, le bien-être et l’importance des conduites addictives dans la population étudiante. Il ressort de cette étude deux traits saillants.
Il s’avère, d’une part, que les étudiants habitant encore dans leur famille sont plus protégés. Ils ont tendance à plus souvent et plus régulièrement avoir recours au système de santé. Ils sont généralement moins sujet aux conduites addictives et ont une perception accrue des dangers liés à la consommation de substances psycho-active. Néanmoins, ils ont beaucoup plus de difficultés à gérer leur stress.
A l’inverse, les étudiants ayant quitté le domicile familial renonce plus souvent à consulter un professionnel de santé, notamment pour des raisons financières. Ils ont également plus de mal à gérer leur stress. Quant aux conduites addictives, elles y sont plus fréquentes et sont, en majorité, d’ordre festif, en particulier chez les étudiants en colocation.
Dans le cadre de la mesure n°10 du Plan Cancer 2009-2013, ayant pour objet la poursuite de la lutte contre le tabac, l’Institut National du Cancer (INCa) a réalisé une "fiche-repère" portant sur le sevrage tabagique et la prévention des cancers.
Dans cette dernière, est présenté l’état des connaissances au 24 mai 2011 en matière de dépendance au tabac mais également en matière d’aide et de frein au sevrage. Une seconde partie est, quant à elle, consacrée aux différentes mesures prises par les pouvoirs publics pour lutter contre la tabacodépendance.

Cette note présente en particulier :
Elle fait également état des différentes approches visant à définir les corrélations existantes entre consommation de substances psychoactives et relation au travail. Enfin, le rôle central de la médecine du travail dans la perception de ce type de consommation en milieu professionnel est évoqué, bien qu’il soit rappelé à quel point il est difficile de mesurer ses conséquences.
Ce rapport d’étude révèle le paradoxe de la jeunesse française en matière d’alcool. Bien que les niveaux de consommation et des ivresses régulières tendent à diminuer, les ivresses occasionnelles progressent. Cette particularité procèderait de l’influence des modes de consommation dans la socialisation des jeunes. En effet, l’alcool est perçu comme un vecteur de transgression et de performance. Il participe donc, à la fois, au processus d’individuation, caractéristique de l’adolescence, et à la reconnaissance par les pairs.
En effet, seule une partie des usagers de cocaïne est connue des institutions sociosanitaires ou répressives (le plus souvent des usagers d’héroïne de longue durée sous traitement de substitution qui utilisent occasionnellement de la cocaïne, ainsi que des personnes le plus fréquemment caractérisées par des situations de grandes précarités, usagers de crack notamment).
Aussi, cette enquête, réalisée dans huit grandes agglomérations françaises, s’attache à définir des « carrières types » de consommation, à travers les discours de cinquante usagers. En parallèle, elle met en exergue le point de vue de ces usagers : leurs perceptions des risques liés à leurs consommations, leurs stratégies pour contrôler et limiter leurs usages ainsi que leurs éventuels besoins et recours à des aides. Loin de la vision archétypale de l’existence de deux profils, l’un issu de l’élite sociale et l’autre fruit de la marginalité, cette étude dresse un portrait beaucoup plus complexe de cette population, souvent polyconsommatrice.
Face à l’apparition et à l’expansion des mésusages, cette étude décrit les modalités de consommation des médicaments de substitution aux opiacés sur ces deux années (niveaux de consommation, associations médicamenteuses), y extrapole l’intentionnalité des usages (thérapeutiques ou non) et précise, le cas échéant, les abus ou usages détournés.
Elle s’inscrit dans un contexte d’élargissement de la gamme des médicaments de substitution aux opiacés (avec l’apparition du générique du Subutex) et du renforcement du contrôle de l’Assurance Maladie relatif au mésusage, ce qui la rend particulièrement intéressante.
